Comment organiser ses vols pour un road trip de Los Angeles à Chicago

Comment organiser ses vols pour un road trip de Los Angeles à Chicago

Un road trip en ligne droite a une conséquence que l’on mesure mal au moment de réserver : on ne repart pas de l’aéroport où l’on a atterri. Entre Los Angeles et Chicago, les deux extrémités historiques de la Route 66, il y a quelque 2 800 kilomètres à vol d’oiseau et deux heures de décalage. Le réflexe de réserver deux allers simples, un pour chaque ville, se révèle souvent le plus coûteux, et pas seulement en euros.

Un seul billet pour deux villes

Les compagnies aériennes vendent depuis longtemps ce que les professionnels appellent un « open jaw », et que les sites de réservation proposent sous l’onglet multi-destinations : un aller Paris–Los Angeles et un retour Chicago–Paris réunis sur le même billet. Le tarif est souvent proche de celui d’un aller-retour classique, et nettement inférieur à la somme de deux allers simples sur les compagnies traditionnelles.

Méfiez-vous en revanche des trajets assemblés soi-même pour gagner quelques dizaines d’euros, par exemple un vol transatlantique bon marché jusqu’à New York suivi d’un vol intérieur à bas coût vers Los Angeles. Sur un billet unique, la compagnie se charge de vous réacheminer si un retard vous fait manquer la correspondance. Avec deux billets distincts, chaque vol suit son propre sort : le premier arrive en retard, le second part sans vous, et personne n’est tenu de vous trouver une place. L’économie de départ disparaît alors au premier contretemps.

Les deux villes sont bien desservies. Los Angeles est reliée sans escale à Paris-Charles-de-Gaulle en un peu moins de douze heures, et Chicago-O’Hare rejoint Paris en huit heures environ dans le sens du retour. Une escale rallonge le voyage de plusieurs heures, mais l’écart de prix justifie souvent le détour. Certains voyagistes intègrent d’ailleurs les vols à leurs forfaits : Wild Travelers les inclut ainsi dans son circuit de la Route 66, au départ de Paris-Charles-de-Gaulle et avec escale, ce qui règle d’emblée la question du billet multi-destinations.

L’escale décide de l’endroit où vous entrez aux États-Unis

Les formalités d’entrée se passent au premier aéroport américain où vous posez le pied, un point que beaucoup de voyageurs découvrent sur place. Avec une correspondance en Europe, à Amsterdam, Francfort ou Londres, le contrôle de l’immigration a lieu à Los Angeles, au bout du voyage. Avec une escale aux États-Unis, à New York, Atlanta ou Dallas par exemple, il faut passer l’immigration et la douane dès ce premier aéroport, récupérer ses bagages, les enregistrer de nouveau, puis repasser un contrôle de sûreté avant le vol intérieur.

Ce second schéma demande de la marge. Après un vol transatlantique, la file de l’immigration peut à elle seule absorber plus d’une heure les jours d’affluence, et une correspondance trop courte devient alors un pari. Quelques aéroports étrangers pratiquent le précontrôle américain, qui permet d’accomplir ces formalités avant d’embarquer. C’est le cas de Dublin et de Shannon, en Irlande : à l’arrivée aux États-Unis, vous sortez de l’avion comme un passager de vol intérieur. Dans tous les cas, l’autorisation ESTA doit avoir été obtenue avant de quitter Paris, y compris pour un simple transit sur le sol américain.

Neuf heures de décalage à l’aller, sept au retour

Début octobre, Los Angeles vit neuf heures derrière Paris, et Chicago sept. Le voyage vers l’ouest est le plus facile à encaisser. La plupart des vols venus d’Europe se posent l’après-midi ou en début de soirée, heure locale, au terme d’une journée rallongée de neuf heures ; il suffit en principe de tenir jusqu’à une heure raisonnable pour se caler sur le rythme américain. Les premiers matins, beaucoup se réveillent bien avant l’aube, ce qui n’a rien de gênant quand la journée de route commence tôt.

Le jour de l’arrivée, en revanche, ne se prête pas à la conduite. Prendre en main une Harley-Davidson de plus de 300 kilos dans la circulation de Los Angeles au sortir d’un vol de douze heures serait une mauvaise idée : mieux vaut dormir une nuit sur place avant de récupérer la moto. En route vers l’est, l’horloge avance ensuite par paliers. L’Arizona, qui n’applique pas l’heure d’été, à l’exception de la Nation navajo, se trouve en octobre à la même heure que la Californie ; vous perdez une heure en entrant au Nouveau-Mexique, puis une autre au Texas.

Le retour vers l’est est plus rude. Le vol de nuit depuis Chicago arrive à Paris en matinée, et il faut compter plusieurs jours pour retrouver un sommeil normal. Si vous le pouvez, évitez de reprendre le travail le lendemain de l’atterrissage.

Le dernier jour à Chicago se prépare dès la réservation

Ne placez jamais la restitution du véhicule et le vol retour le même jour. Un embouteillage, une file d’attente chez le loueur ou un état des lieux qui s’éternise suffisent à compromettre un départ, et une nuit d’hôtel entre les deux coûte moins cher qu’un billet racheté au comptoir.

Pensez aussi au poids des bagages. En classe économique, le bagage en soute est en général limité à 23 kilos, et un équipement de moto en consomme une bonne part. Voyagez avec vos bottes aux pieds et votre blouson sur le dos, glissez le casque dans le bagage cabine si vous emportez le vôtre, et gardez de la place pour les achats faits en route : ce sont eux qui font déborder la valise au moment de repartir.

Vérifiez enfin l’aéroport inscrit sur le billet retour. Chicago en compte deux, et les vols vers l’Europe partent d’O’Hare, au nord-ouest de la ville. Comme ils décollent le plus souvent en fin d’après-midi ou en soirée, la matinée reste libre : la ligne bleue du métro relie le centre-ville à l’aéroport en trois quarts d’heure environ, souvent plus vite qu’un taxi aux heures de pointe.